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Quel extincteur pour un garage, et où le poser

Un extincteur se pose près de la sortie, pas près du risque : on ne traverse pas un feu pour aller le chercher. Poudre polyvalente, dioxyde de carbone en second.

La rédactionPublié le

Photographie : un extincteur rouge fixé au mur d'un atelier, à hauteur de main près de la porte
Photographie Jaycee300s · Pexels

Un seul appareil pour un garage de particulier : une poudre polyvalente, qui couvre les solides, les liquides et les gaz. Et une place qui n’est pas celle qu’on choisit spontanément : contre le mur, à côté de la porte par laquelle on sort, jamais au-dessus de l’établi ni derrière le poste à souder. La raison tient en une phrase. Un extincteur posé près du risque devient inaccessible au moment exact où il servirait, parce que le risque brûle devant. La réglementation française dit la même chose autrement : les moyens d’extinction se répartissent de préférence dans les dégagements, en des endroits visibles et facilement accessibles.

Où poser l’extincteur, et pourquoi pas près de l’établi ?

Prenez la scène. Un bidon de diluant s’enflamme sur le plan de travail, à l’endroit précis où vous aviez accroché l’appareil parce que « c’est là que ça risque de partir ». Vous avez maintenant le choix entre passer la main dans les flammes et sortir sans rien. L’extincteur se place sur le chemin par lequel on quitte le local, pas sur le point qu’on veut protéger.

Trois détails d’accrochage viennent de la même réglementation, et ils valent chez soi. La poignée de portage ne se met pas à plus de 1,20 m du sol, ce qui interdit l’étagère haute au-dessus du congélateur. L’emplacement fait l’objet d’une signalisation durable, donc visible de loin, y compris pour quelqu’un qui ne connaît pas le garage. Et il est choisi de façon que l’efficacité de l’appareil ne soit pas compromise par les variations de température.

Ce dernier point tranche un cas fréquent. Un garage non chauffé descend sous zéro en hiver, et un extincteur à eau y gèle. C’est un argument de plus pour la poudre, qui ne craint pas le froid.

Deux appareils si le garage a deux issues, un de chaque côté. Ce n’est pas une obligation pour un particulier, c’est une conséquence du raisonnement : un extincteur qu’on ne peut atteindre que par la zone en feu ne compte pas. Et un extincteur derrière la voiture ne compte pas non plus le jour où la voiture est dedans.

Quel agent extincteur pour ce qui brûle dans un garage ?

Les classes de feu se lisent sur l’étiquette. La classe A couvre les solides qui forment des braises, le bois, le carton, le chiffon. La classe B, les liquides et les solides liquéfiables : essence, huile, diluant, plastique fondu. La classe C, les gaz. La classe D, les métaux. La classe F, les huiles et graisses de cuisson.

L’électricité n’y figure pas. Ce n’est pas une classe de feu mais une origine : ce qui brûle ensuite est du plastique, du carton ou de l’huile. Seuls les appareils portant la mention prévue pour les conducteurs sous tension inférieure à 1 000 volts s’emploient sur une installation encore alimentée.

Pour un garage, la poudre polyvalente couvre A, B et C, donc la quasi-totalité de ce qui peut partir. Elle a un coût que personne n’annonce : elle recouvre tout le local d’un dépôt fin qui s’infiltre dans les glissières de tiroirs, les roulements et les connecteurs. On sauve le bâtiment, on abîme l’outillage. C’est un mauvais échange qu’on accepte volontiers.

Le dioxyde de carbone vient en second, pour le tableau électrique, le chargeur, l’onduleur ou le poste encore branché. Il n’abîme rien et ne laisse aucun résidu. Il souffle un gaz qui sort à moins 78 °C, d’où un vrai risque de gelure si l’on tient le diffuseur à main nue, et il perd beaucoup de son efficacité dehors ou dans un courant d’air. Autrement dit : la ventilation qui vous protège des fumées travaille contre ce type d’extincteur, et l’air d’un garage où l’on soude ou l’on peint suit exactement les mêmes lois.

La vérification annuelle par un technicien compétent est la règle en entreprise. Chez soi, personne ne passe. Il reste à regarder deux fois par an l’aiguille du manomètre dans la zone verte, la goupille en place, la date de fabrication sur le corps, et à remplacer l’appareil quand la pression a baissé.

Quels sont les trois départs de feu vraiment fréquents dans un garage ?

Le premier est le point chaud. L’INRS attribue environ un incendie sur trois en entreprise aux travaux par points chauds : soudage, oxycoupage, meulage. Le tronçonnage d’un tube envoie des étincelles à plusieurs mètres, elles restent chaudes en retombant, et elles se logent dans une chute de bois, un sac plastique ou un carton posé au sol. Le feu couve, puis il part quand vous avez rangé et fermé la porte. C’est pour cela que la surveillance après travaux fait partie des règles du permis de feu, et le guide des procédés de soudage à la maison rappelle qu’on repasse voir le poste avant de quitter les lieux.

Le deuxième est électrique, et il pèse le même poids. La vétusté, le montage improvisé ou la surcharge provoquent des échauffements à l’origine d’environ un incendie sur trois. Le garage collectionne les trois : la rallonge laissée enroulée sur son touret pendant qu’elle débite, la multiprise branchée sur une autre multiprise, le chargeur oublié sur un établi couvert de copeaux. Ce que la charge fait aux batteries d’outils sans fil explique pourquoi un chargeur veut de l’air autour de lui et un support qui ne brûle pas.

Le troisième ne ressemble pas à un incendie et c’est ce qui le rend redoutable : le chiffon imprégné qui s’échauffe tout seul. Les huiles végétales insaturées, l’huile de lin en tête, durcissent au contact de l’air en fixant l’oxygène, et cette réaction dégage de la chaleur. Dans un tas de chiffons, la chaleur ne s’évacue plus. Elle s’accumule, et le tas finit par couver. Personne n’a craqué d’allumette.

Une nuance honnête : ce mécanisme est documenté pour les huiles de finition du bois, pas pour l’huile moteur usagée, dont le comportement est différent. Si vous huilez vos fontes ou vos bois, la parade tient en deux gestes. On immerge le chiffon dans l’eau, puis on l’étend à plat à l’air libre pour qu’il sèche sans former de tas. Ou on le range dans un conteneur métallique hermétique prévu pour. Le chiffon roulé en boule et jeté dans un seau de copeaux avant de fermer le garage est exactement ce qu’il ne faut pas faire, et c’est le geste que tout le monde a déjà fait. Le guide sur la rouille et l’huilage des outils revient sur ce chiffon-là.

Comment attaquer un début de feu sans y rester ?

Un extincteur portatif sert quelques secondes. Il éteint un début, pas un incendie. La première décision n’est donc pas de saisir l’appareil mais de faire prévenir les secours, puis d’estimer si ce qui brûle tient encore dans un seau.

Trois règles de geste, dans l’ordre. Gardez la sortie derrière vous, jamais devant le feu : c’est la même logique que l’emplacement de l’appareil, et elle décide de votre marge de manœuvre. Visez la base des flammes, pas les flammes elles-mêmes, sinon vous chassez de l’air chaud. Progressez par salves courtes plutôt qu’en vidant l’appareil d’un coup.

Ce qu’on ne fait pas tient en trois lignes aussi. On ne jette pas d’eau sur une nappe d’huile ou d’essence. On n’ouvre pas grand la porte du local en pensant chasser la fumée, puisque l’apport d’air nourrit le feu : le triangle du feu réunit un combustible, un comburant et une source d’inflammation, et l’air est le comburant. Enfin, une bouteille de gaz prise dans un feu ne se combat pas par un particulier. On sort, on éloigne les autres, on attend les pompiers.

Que faire avant que l’extincteur ait à servir ?

Les deux mesures qui comptent le plus sont gratuites. L’INRS les écrit sans détour : limiter les quantités utilisées et stockées, nettoyer fréquemment par aspiration et ranger les locaux. Un garage rangé n’est pas une question d’esthétique, c’est le retrait du combustible.

Concrètement, cela donne quelques règles simples. Un mètre de sol dégagé autour du poste à souder ou de l’étau, sans carton ni chute de bois. Les solvants, diluants et bombes de peinture dans un meuble métallique fermé, loin de toute source de chaleur, parce que leurs vapeurs forment des mélanges explosifs en présence d’une étincelle. Aucun bidon laissé ouvert, même cinq minutes. Les chiffons gras hors du garage ou dans leur boîte métallique.

Et une habitude qui vaut tous les équipements : repasser dans le garage un bon moment après avoir meulé ou soudé, avant d’aller se coucher. La plupart des départs de feu d’atelier se déclarent quand plus personne ne regarde. Le reste de l’équipement d’atelier est traité dans tous les guides du site.

Ce qu’il faut retenir

Une poudre polyvalente, accrochée à côté de la porte de sortie, poignée sous 1,20 m, visible et dégagée. Un appareil au dioxyde de carbone en second si vous avez un tableau ou des chargeurs. L’emplacement compte plus que le modèle, parce qu’un extincteur qu’on doit aller chercher derrière le feu n’existe pas. Les trois départs à surveiller sont le point chaud qui couve après votre départ, l’installation électrique bricolée, et le chiffon imprégné d’huile de finition roulé en boule. Un garage rangé et un passage de contrôle après les travaux évitent plus d’incendies que n’importe quel appareil accroché au mur.

Un extincteur de voiture suffit-il pour un garage ?

Non. Un petit appareil de bord est dimensionné pour un début de feu dans un habitacle et se vide en quelques secondes. Dans un garage, il faut de quoi tenir le temps de sortir et de laisser la place aux secours. Un appareil trop petit donne surtout l'illusion d'être équipé.

Faut-il faire vérifier son extincteur quand on est un particulier ?

La vérification annuelle par un technicien compétent est une obligation pour les lieux de travail, pas pour un garage privé. Le contrôle minimal reste le même : manomètre dans le vert, goupille et plombage en place, date de fabrication lisible, appareil accessible et non encombré.

Poudre ou dioxyde de carbone si je ne dois en avoir qu'un ?

Poudre polyvalente. Elle traite les solides, les liquides et les gaz, et elle ne gèle pas dans un garage non chauffé. Le dioxyde de carbone est meilleur sur un départ électrique et ne salit rien, mais il ne couvre pas les feux de solides et perd son efficacité dans un courant d'air.

Ce que nous avons lu

  1. Article MS 39, emplacement des moyens d'extinction (arrêté du 26 juin 2008, Légifrance)consulté le
  2. Incendie sur le lieu de travail : évacuation, intervention et consignes de sécurité (INRS)consulté le
  3. Incendie sur le lieu de travail : démarche de prévention du risque (INRS)consulté le
  4. Solvants, prévenir les risques liés aux solvants (INRS)consulté le
  5. Combustion spontanée de chiffons imbibés d'huile (CIPI, prévention incendie)consulté le
  6. Extincteur (Wikipédia, article en français)consulté le

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