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Souder chez soi : MIG, MMA ou TIG, par où commencer

Pour un premier poste à la maison, l'électrode enrobée (MMA) sur acier est le départ le plus simple ; le MIG vient avec l'habitude, le TIG avec l'exigence.

La rédactionPublié le

Photographie : un soudeur masqué tire un cordon à l'arc dans un atelier, projections visibles
Photographie Simon Reza · Pexels

Pour commencer à souder chez soi, le procédé le plus simple à mettre en place est l’électrode enrobée, dite MMA : un poste compact, deux câbles, des électrodes qu’on achète à la boîte, pas de bouteille de gaz. Il soude l’acier courant, celui des supports, des portails et des châssis de remorque, et il pardonne un garage ouvert aux courants d’air. Le MIG devient intéressant quand on soude souvent et qu’on veut des cordons réguliers sans changer d’électrode toutes les minutes ; le TIG, quand on cherche la finesse sur l’inox ou l’aluminium et qu’on accepte d’apprendre plus longtemps. Le choix se fait donc sur ce qu’on va assembler, l’épaisseur des pièces et le temps qu’on est prêt à passer à s’entraîner, pas sur la fiche technique la plus longue.

Que veulent dire MMA, MIG et TIG, concrètement ?

Les trois procédés font la même chose : un arc électrique fond le métal des pièces et un métal d’apport, le tout protégé de l’air le temps que le bain se fige. Ils diffèrent par la façon d’amener l’apport et d’assurer cette protection.

En MMA, l’électrode est une baguette de métal recouverte d’un enrobage. L’arc jaillit entre l’électrode et la pièce ; l’enrobage brûle et forme le gaz protecteur, puis laisse une croûte de laitier qu’on casse au marteau à piquer. L’électrode se consomme : on la remplace, on reprend le cordon.

En MIG/MAG, l’apport est un fil continu qui sort de la torche, poussé par un moteur, et la protection vient d’une bouteille de gaz. Avec un gaz inerte (argon, mélange argon et hélium), on parle de MIG et on soude l’aluminium, le cuivre, l’inox ; avec un gaz actif (dioxyde de carbone ou mélange argon et dioxyde de carbone), on parle de MAG et on soude les aciers doux. Pour le garage, c’est presque toujours du MAG, même si tout le monde dit MIG. Il existe aussi du fil fourré qui se passe de bouteille : plus de projections, mais un poste utilisable dehors.

En TIG, l’électrode est une pointe de tungstène qui ne fond pas. L’arc chauffe la pièce, et l’apport est une baguette qu’on présente à la main dans le bain, sous protection d’argon. Deux mains occupées, un arc très localisé, une soudure propre sans projection : c’est le procédé de la finition, et le plus long à maîtriser.

Quel procédé pour un premier poste à la maison ?

La question à se poser n’est pas « lequel est le meilleur » mais « qu’est-ce que je vais assembler dans les deux prochaines années ». Trois cas couvrent l’essentiel.

Réparations et fabrication en acier, dehors ou dans un garage ouvert, quelques cordons par mois : le MMA s’impose. Le poste tient dans un sac, ne demande ni gaz ni entretien de dévidoir, et l’enrobage protège le bain même avec du vent. Les défauts d’un débutant (amorçage qui colle, cordon irrégulier) se voient et se corrigent avec de l’entraînement sur chutes.

Carrosserie, tôle fine, châssis, pièces qu’on assemble souvent : le MIG/MAG. Une fois le poste réglé, on tient la torche à une main, on avance à vitesse constante, le cordon vient régulier et sans laitier. Il faut en contrepartie loger une bouteille de gaz, protéger le bain des courants d’air, et accepter un poste plus encombrant.

Inox, aluminium, pièces visibles dont la soudure doit être belle : le TIG. C’est le seul des trois où l’apport se dose à la main, ce qui permet des cordons fins sur des tôles minces. En échange, on apprend la coordination des deux mains et de la pédale ou de la gâchette, et on ne progresse pas en une soirée.

Beaucoup de postes vendus aujourd’hui font MMA et TIG à courant continu sur la même machine, parfois avec le MIG en plus. Ce n’est pas une mauvaise idée pour un particulier qui hésite, à condition de juger la machine sur le procédé qu’on utilisera le plus, pas sur le nombre de fonctions.

Quelle intensité faut-il pour l’épaisseur qu’on soude ?

L’intensité règle la chaleur apportée à la pièce. Trop faible, le cordon reste posé dessus sans pénétrer ; trop forte, la tôle se perce. On la choisit d’après l’épaisseur du métal, et c’est cette épaisseur, pas la puissance maximale du poste, qui doit guider l’achat.

Les repères couramment donnés pour l’acier sont les suivants : de 1 à 2 mm d’épaisseur, on travaille entre 30 et 80 A ; de 3 à 4 mm, entre 90 et 130 A ; de 5 à 6 mm, entre 140 et 180 A. En TIG, on descend plus bas pour la même épaisseur : autour de 40 à 60 A sur de l’inox de 2 mm. Ce sont des points de départ, à affiner sur une chute du même métal avant de toucher la pièce.

Deux conséquences pratiques. D’abord, un poste qui plafonne bas suffit à la tôle et à la cornière légère, mais bloquera le jour où l’on veut assembler du plat épais. Ensuite, l’intensité maximale n’est tenable que par intermittence : c’est le facteur de marche, exprimé en pourcentage du temps sur un cycle donné. Un poste annoncé pour une forte intensité mais avec un facteur de marche faible à cette intensité s’arrêtera en protection thermique au milieu d’un long cordon. La valeur qui compte est le facteur de marche à l’intensité qu’on utilisera vraiment.

En MMA, le diamètre de l’électrode suit la même logique : la règle donnée par les fabricants est de ne pas dépasser, en millimètres, l’épaisseur du métal à assembler. Une électrode trop grosse sur une tôle fine la perce ; une électrode trop fine sur du plat épais oblige à multiplier les passes.

Que regarder sur un poste avant de l’acheter ?

Une fois le procédé choisi, quelques points observables séparent un poste qu’on gardera d’un poste qu’on regrettera.

  • La technologie inverter : les postes modernes à onduleur sont légers, tiennent un arc stable et acceptent un réglage fin de l’intensité. Les anciens postes à transformateur, lourds et bruyants, n’ont plus d’intérêt pour un particulier.
  • Les aides à l’amorçage en MMA : un « hot start » qui donne un surplus au démarrage, un « anti-collage » qui coupe le courant quand l’électrode reste prise dans le bain. Elles ne remplacent pas la pratique, mais elles évitent les premiers découragements.
  • La longueur et la section des câbles : des câbles courts obligent à déplacer le poste sans arrêt, des câbles trop fins chauffent. La pince de masse doit serrer franchement sur une pièce propre.
  • La polarité : en TIG, on soude les aciers et l’inox en courant continu ; l’aluminium et le magnésium demandent un courant alternatif, que tous les postes n’offrent pas. Si l’aluminium est au programme, c’est le critère qui tranche.
  • Le dévidoir en MIG : des galets en métal et un guidage du fil sans jeu font un fil qui avance régulièrement ; un dévidoir en plastique qui patine donne un arc qui crachote.
  • L’alimentation : la plupart des postes de particulier se branchent sur une prise domestique, mais une rallonge longue et fine fait chuter la tension et l’arc devient instable. On branche au plus court, sur une prise qui tient.

Le poids et la poignée comptent aussi : un poste MMA qu’on emmène au fond du jardin doit se porter à une main.

Comment préparer la pièce et se protéger avant le premier cordon ?

Un cordon réussi commence avant l’arc. Le métal doit être propre et à nu : rouille, peinture, zinc et graisse font des soudures poreuses et des fumées chargées. On dégrossit à la meuleuse ou à la brosse métallique, on essuie, et on serre la masse sur cette zone nue. Les pièces se maintiennent avec des serre-joints ou des pinces-étaux sur un plan stable ; la rubrique dédiée au serrage revient sur ce maintien, qui est le même que pour tout travail sur métal.

Pour soi, l’ordre des protections ne se discute pas. Un masque de soudure, de préférence à teinte automatique, protège les yeux du rayonnement de l’arc : un « coup d’arc » se paie la nuit suivante par une douleur qu’on n’oublie pas. Des gants de soudeur en cuir épais, une veste ou un tablier en cuir ou en coton lourd, jamais de synthétique qui fond sur la peau, un pantalon sans revers où les projections tombent, des chaussures fermées. Les manches restent baissées : le rayonnement brûle la peau nue comme un coup de soleil rapide. Nous détaillons le choix des lunettes, des gants et des protections auditives dans le guide sur les protections à l’atelier.

Le poste posé à terre, les câbles hors du passage, une pince de masse qui ne touche que la pièce : ce sont des gestes qui deviennent automatiques et qui évitent les arcs sauvages sur l’établi ou sur l’étau.

Comment gérer les fumées et le risque d’incendie dans un garage ?

C’est le point que les tutoriels oublient et que le particulier sous-estime, parce que le garage est « ouvert ». Les fumées de soudage à l’arc sont un mélange de particules métalliques et de gaz ; le Centre international de recherche sur le cancer les a classées cancérogènes pour l’homme en 2017. L’INRS recommande, dans l’ordre, de choisir un procédé peu émissif, de capter les fumées à la source, de compléter par une ventilation générale, et de ne compter sur la protection respiratoire qu’en dernier recours.

Traduit pour un garage de particulier : on soude porte ouverte avec un courant d’air qui emporte le panache loin du visage et non vers lui, on ne se penche pas au-dessus du cordon pour regarder, et l’on s’équipe d’un demi-masque avec filtre à particules dès qu’on soude plus que quelques minutes ou sur un métal revêtu. Une hotte mobile ou un bras aspirant est l’étape suivante pour celui qui soude régulièrement. L’acier galvanisé, le zinc et les peintures produisent des fumées particulièrement irritantes : on les retire avant, ou on ne les soude pas.

Le feu est l’autre risque bête. Les projections de MMA et de MIG partent loin et restent chaudes ; un chiffon gras, un bidon de solvant, un tas de sciure ou de copeaux à quelques pas suffisent. On dégage le sol autour du poste, on éloigne les produits inflammables et la bouteille de gaz, on garde un extincteur ou un seau de sable à portée de main, et on revient jeter un œil au poste de travail après le dernier cordon, le temps que les pièces et les projections aient refroidi. Le compresseur et les outils pneumatiques se rangent aussi loin des projections : un flexible d’air brûlé se fend sans prévenir.

Ce qu’il faut retenir

Pour un premier poste chez soi, le MMA sur acier est la porte d’entrée : simple, transportable, tolérant aux courants d’air. Le MIG/MAG prend le relais quand on soude souvent de la tôle ou des châssis, le TIG quand on veut la finesse sur l’inox et l’aluminium. On choisit l’intensité d’après l’épaisseur des pièces et l’on juge un poste sur son facteur de marche à cette intensité, sur ses câbles et sur sa polarité, pas sur le nombre de fonctions. Le métal est propre, le corps couvert, les fumées emportées loin du visage et le sol dégagé de tout ce qui brûle. Le guide pour choisir un compresseur d’atelier continue avec l’air comprimé et les outils pneumatiques, et tous les guides rassemblent le reste de l’atelier.

Peut-on souder de l'aluminium avec un poste MMA ?

Il existe des électrodes pour l'aluminium, mais le résultat est difficile à tenir et le cordon rarement propre. Pour l'aluminium, le TIG en courant alternatif est le procédé de référence, et le MIG avec fil aluminium et gaz inerte vient ensuite.

Faut-il une bouteille de gaz pour commencer en MIG ?

Avec du fil fourré, non : l'enrobage intérieur du fil protège le bain, au prix de plus de projections. Avec du fil plein, oui, et il faut prévoir la place, le détendeur et la fixation de la bouteille pour qu'elle ne tombe pas.

Un masque à teinte automatique est-il indispensable ?

Un masque à verre fixe protège aussi bien, mais oblige à amorcer à l'aveugle en basculant la tête. Pour apprendre, la teinte automatique permet de placer l'électrode en voyant la pièce, ce qui supprime une bonne part des amorçages ratés.

Ce que nous avons lu

  1. TIG, MIG-MAG ou MMA : quelle différence ? Guide des types de soudure (Steelsoudeur)consulté le
  2. Quelles techniques de soudage ? MMA, MIG/MAG ou TIG ? (infos.wurth.fr)consulté le
  3. Fumées de soudage, un risque majeur (INRS)consulté le
  4. Soudage à l'arc (Wikipédia, article en français)consulté le

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