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Souder et air compriméGuide

Ventiler un garage quand on soude ou qu'on peint

Capter la fumée au ras du cordon, puis balayer le local : ce qui décide, c'est le sens du courant d'air et la place qu'on occupe sur son trajet.

La rédactionPublié le

Photographie : un bras d'aspiration tenu tout près du cordon pendant une soudure dans un garage
Photographie Diego Ortiz · Pexels

L’ordre officiel ne se négocie pas : réduire ce qu’on émet, capter au plus près de la source, diluer le reste par une ventilation générale, puis compter sur un masque seulement en dernier recours. Dans un garage de particulier, cet ordre se ramène à une question unique : d’où vient l’air, où va-t-il, et où êtes-vous placé sur son trajet ? Un extracteur posé du mauvais côté de la pièce ramène le panache vers votre visage aussi sûrement qu’une porte fermée. Le sens du courant d’air décide de tout le reste, y compris de la qualité de vos cordons.

Dans quel ordre les mesures marchent-elles vraiment ?

La hiérarchie que publie l’INRS tient en quatre marches. Supprimer ou réduire l’émission. Capter les polluants au plus près de leur point de dégagement. Compléter par une ventilation générale qui dilue ce qui a échappé au captage. Mettre un appareil respiratoire quand tout le reste s’avère insuffisant.

Le garage moyen fait l’inverse exact. Il ouvre la porte, il branche un ventilateur, il sort la boîte de masques jetables quand ça pique. Or la porte ouverte est la troisième marche, pas la première. Elle ne remplace jamais les deux d’avant.

Réduire l’émission, chez soi, se traduit en gestes courts. On décape la zone jusqu’au métal nu. On retire la peinture, la graisse, les traces de solvant, le zinc d’une pièce galvanisée. Un revêtement de ce genre augmente fortement le risque selon l’INRS, et 95 % de ce qui compose une fumée de soudage provient des produits d’apport, pas de la pièce. Le procédé pèse autant que le décapage : le guide pour choisir un premier poste à souder revient sur ce que chacun dégage.

Où se placer par rapport au panache et au courant d’air ?

Une règle domine les autres, et le guide de ventilation de l’INRS l’écrit sans nuance : le soudeur ne doit jamais se trouver entre le point d’émission et la face aspirante. Tracez mentalement le segment qui va du cordon à l’endroit où l’air s’en va. Vous n’êtes pas dessus.

Deuxième règle, tirée du même document : la tête reste hors du panache. La fumée monte droit, et elle monte sur un visage penché au-dessus du bain pour mieux voir la pénétration. Se tenir de profil par rapport au plan d’aspiration est la position recommandée.

Troisième règle, la moins connue et la plus utile chez soi : l’air neuf doit passer au voisinage des voies respiratoires de l’opérateur. L’air propre arrive derrière vous, traverse votre zone de respiration, emporte la fumée plus loin. Pas l’inverse.

Le geste raté est toujours le même. On pose le ventilateur devant soi, orienté vers la figure, parce qu’il fait chaud sous le masque. Il rabat le panache. Un ventilateur qui souffle vers vous transforme votre tête en bouche d’aspiration. Le bon montage tient en trois points. L’extraction se place derrière la pièce. L’air frais arrive dans votre dos. La pièce se trouve entre vous et l’extraction, jamais l’inverse.

Comment capter la fumée à la source sans installation d’atelier ?

Le captage à la source, chez un particulier, c’est une bouche d’aspiration au bout d’un flexible, tenue tout près du cordon. Près veut dire très près. Pour un débit de 1 000 mètres cubes par heure, l’efficacité de l’aspiration chute en général au-delà de 20 cm. Doublez la distance entre la source et la bouche : il faut quadrupler le débit pour obtenir le même résultat.

Deux conséquences. Une bouche tenue à un mètre de l’arc ne sert à rien, quel que soit le bruit du moteur. Et tout ce qui enveloppe la zone travaille pour vous : un écran, une paroi, une collerette autour de la bouche limitent la dispersion et l’effet des courants d’air.

Il y a aussi un matériel à ne pas acheter. Les unités mobiles de filtration qui recyclent l’air en permanence dans le local sont à proscrire, l’INRS les juge inefficaces, et l’étage au charbon actif censé retenir les gaz a montré une efficacité très faible, voire nulle. Les gaz produits par l’arc repartent donc dans le garage. L’air capté se rejette dehors, et le rejet se place ailleurs qu’à l’entrée d’air neuf, sinon on réaspire ce qu’on vient de sortir.

Que vaut réellement une porte ouverte et un ventilateur ?

Quelque chose. Pas ce qu’on croit. La ventilation générale opère par dilution : elle disperse le polluant dans tout le volume et laisse des zones d’accumulation là où l’air ne circule pas. Elle réclame des débits énormes. Elle ne protège pas immédiatement l’opérateur.

L’ordre de grandeur est éclairant. Pour dix soudeurs en MAG, l’INRS chiffre l’air de compensation à 60 000 mètres cubes par heure en ventilation générale, contre 1 000 mètres cubes par heure avec des torches aspirantes. Soixante fois moins d’air pour un meilleur résultat. Le code du travail impose de son côté un apport d’air neuf de 60 mètres cubes par occupant et par heure dans les ateliers de soudage.

Un autre chiffre parle davantage au garage. La vitesse d’air visée au point d’émission pour capter une fumée est de 0,5 mètre par seconde, quand un courant d’air d’atelier tourne typiquement autour de 0,3 mètre par seconde. Les deux sont du même ordre de grandeur. Voilà pourquoi une porte de garage qui bat, un vent de côté ou un courant traversier suffisent à ruiner un captage correct. En MIG comme en TIG, ce même courant d’air chasse le gaz de protection : le cordon devient poreux et vous voyez le défaut sur la pièce avant de sentir quoi que ce soit dans la gorge.

Le montage qui fonctionne dans un garage est une traversée. Une entrée d’air d’un côté, une extraction de l’autre, le poste de travail plus près de l’extraction que de l’entrée. Une seule ouverture ne balaie rien : un garage porte ouverte se remplit lentement, sans qu’on s’en aperçoive.

Qu’est-ce qui change quand on peint plutôt qu’on soude ?

La nature du danger change, l’ordre des mesures non. Une fumée de soudage est une poussière. Une vapeur de solvant est un gaz inflammable. La majorité des solvants organiques sont inflammables, et leurs vapeurs forment des mélanges explosifs en présence d’une flamme, d’une étincelle ou d’une source de chaleur.

Première conséquence : on supprime les sources d’inflammation avant de commencer, pas après. Chauffage d’appoint coupé. Chargeur débranché. Meuleuse rangée. L’INRS demande que le matériel des locaux où des vapeurs inflammables peuvent être présentes soit adapté à la zone de risque, ce qui exclut d’emblée le ventilateur de bureau posé au sol au milieu du brouillard. C’est le geste qui coûte le plus cher de cette page.

Deuxième conséquence : le sens de l’air s’inverse. Dans les installations que décrit l’INRS pour les postes à solvants, l’extraction se fait en partie basse, à dix centimètres du sol, et l’air neuf entre en partie haute. L’un des neuf principes du captage consiste justement à utiliser les mouvements naturels des polluants. Le pistolet aggrave tout, puisqu’il met en suspension un brouillard qui met du temps à retomber. Si l’air comprimé l’alimente, le débit d’un compresseur d’atelier conditionne la régularité du jet autant que la buse.

Un local où l’on peint est aussi un local où un départ de feu se propage vite, et l’endroit où l’on range de quoi l’éteindre compte autant que le reste : où poser un extincteur dans un garage traite cette question. L’inhalation prolongée de vapeurs donne d’abord une sensation d’ivresse, des vertiges, des maux de tête. Ce sont des signaux d’arrêt, pas des désagréments. Quand ça arrive, on sort.

Quand le masque sert-il, et lequel choisir ?

En dernier, et c’est déjà une information utile. Un masque qu’on met en premier sert surtout à supporter une situation qu’on aurait dû corriger autrement. Il reste nécessaire, parce qu’aucun garage ne capte tout.

Le filtre se choisit sur le polluant. Un filtre à particules arrête les fumées de soudage et ne fait rien contre les vapeurs de solvant, qui réclament un filtre à charbon prévu pour les gaz organiques. Un demi-masque ne tient son étanchéité que sur un visage rasé de près. Et un masque de soudeur protège les yeux, pas les poumons : ce sont deux équipements distincts, comme le rappelle le guide des protections à porter à l’atelier.

Ce qu’il faut retenir

Le sens du courant d’air décide. L’air propre arrive derrière vous, passe devant votre visage, emporte la fumée plus loin. La pièce se place entre vous et l’extraction, jamais vous entre les deux. Capter à moins de vingt centimètres du cordon vaut mieux que n’importe quel gros ventilateur mal orienté. La porte ouverte dilue, elle ne protège pas. On décape avant de souder, on coupe toute source d’inflammation avant de peindre, et le masque vient à la fin parce qu’il ne corrige rien en amont. Tous les guides de l’atelier reprennent le reste de l’équipement.

Un boîtier de filtration mobile suffit-il dans un garage ?

Non, s'il renvoie l'air filtré dans le local. L'INRS proscrit ce recyclage permanent pour le soudage : les particules sont en partie retenues, mais les gaz produits par l'arc traversent le filtre et reviennent dans la pièce. Un extracteur qui rejette dehors, même modeste, vaut mieux.

Peut-on souder porte de garage fermée en hiver ?

Sans captage à la source ni extraction vers l'extérieur, non. Le volume d'un garage se charge vite et rien n'évacue les gaz. Si le froid pose problème, la bonne réponse est une extraction locale de faible débit près du cordon, qui sort beaucoup moins d'air chaud qu'une porte grande ouverte.

Le même dispositif convient-il pour la soudure et pour la peinture ?

Le principe oui, la position non. Les fumées de soudage montent et se captent au-dessus du cordon ; les vapeurs de solvant se traitent plutôt par une extraction basse, l'air neuf entrant en partie haute. Un moteur électrique ordinaire n'a rien à faire dans un nuage de solvant.

Ce que nous avons lu

  1. Fumées de soudage, un risque majeur (INRS)consulté le
  2. Opérations de soudage à l'arc et de coupage, guide pratique de ventilation ED 668 (INRS)consulté le
  3. Postes d'utilisation manuelle de solvants, guide pratique de ventilation ED 6049 (INRS)consulté le
  4. Solvants, prévenir les risques liés aux solvants (INRS)consulté le

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