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Lever une voiture au cric et la poser sur chandelles sans risque

On lève au cric sur les points prévus par le constructeur, roues calées, puis on pose la voiture sur chandelles avant de passer dessous. Les gestes dans l'ordre.

La rédactionPublié le

Photographie : une voiture levée au cric et posée sur chandelles dans un garage
Photographie Jose Ricardo Barraza Morachis · Pexels

Une voiture se lève au cric sur un sol dur et plat, frein à main serré et roues restées au sol calées, en posant le cric uniquement sur les points de levage indiqués par le constructeur. Dès que la hauteur voulue est atteinte, on glisse une chandelle sous un point porteur, on redescend le cric jusqu’à ce que la caisse repose dessus, et seulement alors on passe dessous. Le cric sert à monter, la chandelle sert à tenir : personne ne travaille sous une charge tenue par un cric seul. Ce guide donne l’ordre des gestes, ce qu’on regarde à chaque étape et ce qui ne se fait jamais.

Pourquoi un cric ne suffit-il jamais pour passer dessous ?

Un cric hydraulique tient la charge par un piston et un clapet. Un joint fatigué, une goutte d’huile sur la dalle, une commande frôlée du pied : la charge descend, parfois d’un coup. Un cric rouleur, en plus, repose sur des galets : si la voiture bouge, il suit ou il se couche. C’est pour cette raison que la fiche de la norme européenne qui encadre ces appareils, NF EN 1494+A1, pose dès son domaine d’application un principe simple : il est interdit de travailler sous la charge soulevée, à moins qu’elle n’ait été arrimée au préalable avec des moyens appropriés. Dans un garage de particulier, ces moyens appropriés sont des chandelles.

La chandelle est une pièce mécanique sans hydraulique : une embase, une colonne, une crémaillère ou une vis, une goupille. Elle ne fuit pas, elle ne descend pas seule. Le cric lève, la chandelle tient, et tout le guide tient dans cette phrase.

Que faut-il préparer avant de lever ?

L’accident se prépare avant le premier coup de pompe. Cinq points à régler, dans cet ordre :

  1. Le sol. Dur, plat, propre : une dalle de béton ou un enrobé compact. Pas de terre, pas de gravier, pas de pente, pas de plancher de bois qui fléchit. Une chandelle qui s’enfonce d’un côté ne tient plus droit.
  2. Le véhicule immobilisé. Frein à main serré, une vitesse engagée sur une boîte manuelle, position parking sur une automatique.
  3. Les roues calées. On cale les roues qui restent au sol, devant et derrière, du côté opposé à celui qu’on lève. Des cales de roue, pas un morceau de bois qui roule.
  4. Les points de levage repérés. Ils figurent dans la notice du véhicule et sont souvent marqués sous le bas de caisse par une encoche ou une flèche. Mieux vaut les localiser avant de s’allonger, lampe en main.
  5. Les outils à portée. Cric, chandelles, cales, clé de roue : tout est sorti avant. On ne va rien chercher pendant que la voiture est en l’air.

Si une roue doit être déposée, c’est aussi le moment de débloquer les écrous d’un quart de tour, roue au sol. Sur une roue en l’air, l’effort de desserrage fait tourner la roue ou déplace la voiture sur le cric. Le serrage au remontage, lui, se fait à la clé dynamométrique, roue reposée : c’est le sujet du guide pour choisir et régler une clé dynamométrique.

Où placer le cric sous la voiture ?

Uniquement sur un point de levage prévu par le constructeur. Ce sont des zones renforcées : un pincement de tôle sous le bas de caisse, un bossage sous le berceau, un appui sous le longeron. Ailleurs, la tôle se plie, le plastique de protection casse, et surtout l’appui n’est pas stable : le cric peut glisser.

Deux familles de points existent. Les points de bas de caisse, entre les roues, prévus pour le cric de bord et souvent pour la chandelle. Les points centraux, à l’avant sous le berceau moteur ou à l’arrière sous un renfort de train, qui permettent de lever les deux roues d’un même essieu avec un cric rouleur. On ne pose jamais le cric sur un carter d’huile, sur un bras de suspension, sur un tube d’échappement ou sur un plancher lisse. Ce qui semble solide au toucher ne tient pas sous le poids d’une voiture.

La sellette du cric, la coupelle qui touche la voiture, doit porter à plat. Une protection en caoutchouc, ou un bloc rainuré adapté au pincement de tôle, évite d’écraser le bas de caisse. Si le cric n’arrive pas droit sous le point, on le repositionne : on ne compense pas avec une cale improvisée entre la sellette et la tôle.

Comment lever, dans l’ordre ?

Le cric est en place, la valve de descente est fermée. On pompe par coups réguliers et on regarde deux choses en même temps : le point de contact, qui doit rester centré sur la sellette, et le cric, qui ne doit pas s’incliner. Un cric rouleur avance légèrement sur ses galets pendant la montée, c’est normal : son bras décrit un arc, et les roues suivent. S’il ne peut pas rouler, parce qu’un galet est bloqué dans un joint de dalle, c’est la voiture qui se déplace sur la sellette. Il faut donc vérifier que le cric roule libre avant de commencer.

On lève juste ce qu’il faut pour glisser la chandelle réglée à la bonne hauteur, pas plus. Une voiture haute est une voiture moins stable, et un cric à bout de course est un cric qui n’a plus de réserve. Tant qu’une roue reste au sol, elle continue de participer à l’appui : c’est une sécurité qu’on garde aussi longtemps que possible.

Pendant la montée, personne autour du véhicule, aucun membre dessous, même pour « juste regarder ». On pompe depuis le côté, jamais dans l’axe de la poignée, car un cric qui échappe part dans cet axe.

Comment poser la voiture sur chandelles ?

C’est l’étape qui compte, et elle se fait en quatre temps.

  1. Régler la chandelle avant de la glisser : on sort la colonne à la hauteur voulue et on vérifie que la goupille ou le cliquet est engagé. Une chandelle qu’on règle une fois qu’elle est sous la voiture est une chandelle qu’on règle avec les mains sous la voiture.
  2. La placer sous un point porteur, le plus près possible du point où appuie le cric sans le gêner, à plat sur ses pieds, la tête bien sous le renfort. La tête de chandelle reçoit le pincement de tôle ou porte sur un longeron : jamais sur une pièce de suspension qui bouge.
  3. Redescendre lentement le cric, valve à peine ouverte, jusqu’à ce que la caisse repose entièrement sur la chandelle. On regarde la chandelle pendant la descente : elle ne doit ni s’incliner ni glisser.
  4. Secouer la voiture par l’aile ou le pare-chocs, d’un mouvement franc. Si quelque chose bouge, on remonte au cric et on recommence. Si rien ne bouge, la voiture est posée.

Le cric reste ensuite en place, en contact léger avec le point de levage, sans porter la charge. C’est une seconde retenue, pas un appui principal.

Pour lever un essieu complet, on lève au point central, on glisse deux chandelles sous les points latéraux du même essieu, réglées à la même hauteur, puis on redescend. Deux chandelles de hauteurs différentes mettent la caisse en travers, et une caisse en travers porte sur un coin de tête de chandelle au lieu de porter à plat. Mettre la voiture entière sur quatre chandelles se fait essieu par essieu, à hauteur modérée, et on y réfléchit à deux fois : plus aucune roue ne touche le sol, le frein à main ne retient plus rien, et la stabilité ne tient qu’aux quatre embases. La plupart des interventions se contentent d’un seul essieu.

Que ne fait-on jamais sous une voiture levée ?

  • On ne passe jamais sous une voiture tenue par un cric seul, même une minute, même pour ramasser une clé.
  • On ne remplace pas une chandelle par un parpaing, une bûche, une pile de planches ou une jante. Un parpaing éclate sans prévenir.
  • On ne lève pas sur un sol meuble, en pente ou sur un plancher.
  • On ne force pas sur un écrou grippé, un cardan ou une rotule quand la voiture est en l’air : les coups de barre déplacent la charge. Ce qui demande un gros effort se fait roue au sol ou, s’il faut être dessous, voiture posée sur chandelles et calée en plus.
  • On ne laisse personne monter dans la voiture, ouvrir une porte lourde ou s’appuyer dessus.
  • On ne laisse pas un enfant ou un animal dans l’atelier pendant qu’une voiture est en l’air.
  • On ne travaille pas seul sous une voiture dans un garage fermé sans que quelqu’un sache où l’on est.

Comment redescendre la voiture ?

L’ordre est le miroir de la montée. On rassemble d’abord les outils et les pièces qui traînent sous la caisse. On remet le cric sous le point de levage, on lève juste assez pour décharger les chandelles, on les retire, on vérifie qu’il n’y a plus rien sous la voiture, et on ouvre la valve doucement pour une descente régulière. Une descente brutale claque les suspensions et peut faire sauter le cric de son appui.

Si une roue a été remontée, ses écrous ont été approchés en l’air et se serrent au couple une fois la roue au sol. On retire les cales en dernier, quand les quatre roues portent. La chandelle rentre dans son coin d’atelier, colonne rentrée : on la retrouvera propre et prête. Pour choisir le cric adapté à ce type d’usage, le comparatif entre cric rouleur et cric bouteille détaille ce qui compte dans un garage de particulier.

Quelle chandelle pour quelle voiture ?

La chandelle se choisit sur sa charge, sa hauteur et sa construction. Les guides d’usage grand public donnent des ordres de grandeur : pour une voiture particulière de 1 000 à 1 300 kg, des chandelles données pour 2 à 3 tonnes ; dès que le poids total autorisé approche 1 800 kg, 3 tonnes au minimum ; pour un SUV, un utilitaire ou une voiture ancienne lourde, de 3 à 6 tonnes. Le poids du véhicule figure sur le certificat d’immatriculation. Ce qu’on retient : la capacité marquée doit dépasser nettement la part du véhicule que la chandelle portera, et il faut lire la notice pour savoir si le chiffre est donné par chandelle ou par paire, les deux pratiques existant.

Pour la hauteur, les mêmes guides situent la position basse courante entre 28 et 35 cm et la plage utile pour une voiture entre 30 et 45 cm. Une chandelle trop haute en position basse ne rentre pas sous une voiture surbaissée ; une chandelle trop courte en extension oblige à lever un utilitaire au maximum du cric.

Sur la construction, on regarde l’embase (large, soudée, avec des pieds qui posent tous à plat), la colonne (crémaillère avec cliquet ou goupille, ou vis pour un réglage fin) et la tête (en selle, qui reçoit un pincement de tôle sans l’écraser). On cherche le marquage CE et la référence à la norme NF EN 1494+A1, la même que pour le cric ; le comparatif entre cric rouleur et cric bouteille explique ce qu’elle couvre. Une chandelle rouillée, tordue, avec une goupille qui ne rentre plus, se remplace.

Ce qu’il faut retenir

Sol dur et plat, frein serré, roues calées, points de levage du constructeur, on lève juste ce qu’il faut, on pose sur une chandelle réglée d’avance, on redescend le cric jusqu’à ce que la caisse porte dessus, on secoue, et seulement alors on passe dessous. Le cric lève, la chandelle tient. Les autres guides sur le levage d’un véhicule et le choix des lunettes, gants et protections complètent cette séquence ; l’ensemble est réuni dans la liste de tous les guides.

Peut-on changer une roue au bord de la route avec le cric de bord seul ?

Oui, pour changer une roue sans passer sous la voiture. Le cric de bord est prévu pour ce geste précis, sur sol dur, roues calées, personne dessous. Dès qu'il faut mettre une main ou une tête sous la caisse, on rentre au garage et on pose des chandelles.

Une seule chandelle suffit-elle ?

Pour une roue levée au point de bas de caisse, une chandelle sous le point porteur voisin suffit, les trois autres roues restant au sol et calées. Pour un essieu complet levé au point central, il en faut deux, réglées à la même hauteur.

Peut-on remplacer le cric par des rampes pour passer sous l'avant ?

Oui, pour une vidange ou un contrôle qui ne demande pas de déposer une roue : la voiture monte sur les rampes, les roues restent au sol et portent la charge, sans hydraulique qui puisse céder. On cale les roues arrière, on vérifie que les rampes n'ont pas glissé pendant la montée, et on ne s'en sert que sur un sol dur et plat.

Ce que nous avons lu

  1. AFNOR Norm'Info : NF EN 1494+A1, crics mobiles ou déplaçables et équipements de levage associésconsulté le
  2. Chandelles auto : critères de choix et utilisation sûre (blog Pièces et Pneus)consulté le
  3. Tutoriel : comment lever son véhicule en toute sécurité (Chacun sa route)consulté le
  4. Cric, article Wikipédia en françaisconsulté le

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