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Électrodes MMA : diamètre, enrobage et conservation

Le diamètre se lit sur l'épaisseur du métal, l'enrobage sur le travail demandé, et l'humidité prise en garage ruine les deux.

La rédactionPublié le

Photographie : des électrodes de soudure enrobées sorties de leur boîte sur un établi
Photographie Swastik Arora · Pexels

Une électrode enrobée se choisit sur trois points, dans cet ordre : le diamètre, qui ne dépasse pas l’épaisseur du métal à assembler ; l’enrobage, rutile pour le travail courant et basique pour les pièces qui encaissent ; l’état de la boîte, que presque personne ne regarde. C’est pourtant le troisième qui décide. Un enrobage laissé un hiver dans un garage non chauffé a bu l’humidité de l’air, et c’est cette eau, pas le bouton du poste, qui fait siffler l’arc et crible le cordon de trous.

Quel diamètre pour l’épaisseur qu’on a devant soi ?

La règle tient en une ligne : le diamètre de l’électrode reste au plus égal à l’épaisseur à souder. Une baguette de 3,2 mm sur du plat de 3 mm, une 2,5 mm sur de la tôle plus fine. En vertical ou au plafond, on descend d’un cran, parce qu’un bain trop gros coule avant de figer.

Les diamètres normalisés vont de 1,6 à 6 mm. Dans un garage, trois références couvrent presque tout : la 2,5 mm pour la tôle et les petites cornières, la 3,2 mm pour le plat et le tube courant, la 4 mm pour les fortes sections. Acheter plus large ne sert qu’à stocker des baguettes qui prendront l’humidité avant d’être brûlées.

L’intensité, elle, se lit sur des tables qui ne disent pas toutes la même chose. Pour une 3,2 mm à plat, un support de formation au soudage donne 80 à 160 A, un guide grand public 90 à 140 A. L’écart n’est pas une faute : il couvre des enrobages, des positions et des habitudes de soudeur différentes. Le bon réglage se trouve sur une chute du même métal, jamais dans un tableau. Deux signes suffisent à le corriger. L’électrode colle et l’arc meurt : pas assez. L’enrobage rougit, s’écaille et projette : trop.

Rutile ou basique : qu’est-ce que l’enrobage change à l’établi ?

L’enrobage n’est pas un habillage. Il fabrique le gaz qui protège le bain, il forme le laitier qui couvre le cordon pendant qu’il refroidit, et il apporte les éléments qui donnent à la soudure ses propriétés mécaniques.

Le rutile, à base d’oxyde de titane, s’amorce sans hésiter, tient un arc doux et laisse un laitier qui se détache presque seul. Ses caractéristiques mécaniques restent plus modestes, et il domine pourtant les rayons parce qu’il pardonne. C’est l’enrobage sur lequel un débutant progresse au lieu de s’énerver.

Le basique est fait de carbonates. Il donne les meilleures propriétés mécaniques, monte en toutes positions et affiche une très basse teneur en hydrogène diffusible, sous 5 ml pour 100 g de métal déposé. On le réserve aux pièces sollicitées et aux fortes épaisseurs, au-delà de 7 mm selon un mémo de soudage. Il réclame en échange une tension à vide élevée, au-delà de 70 V en courant alternatif, et une étuve. Le cellulosique, lui, sert au vertical descendant sur tuyauterie : ce n’est pas un sujet de garage.

Pour un particulier, le choix est vite fait. Rutile, en petites boîtes. Une basique mal conservée soude plus mal qu’une rutile sèche, et personne n’installe une étuve à côté de la tondeuse. Ce que le poste doit fournir pour tenir ces baguettes est décrit dans le tour des procédés MIG, MMA et TIG.

Comment voit-on qu’une électrode a pris l’eau ?

Ça s’entend avant de se voir. L’arc siffle, crachote, projette deux fois plus que d’habitude, et l’on croit à un réglage d’intensité. Le cordon sort ensuite criblé de petits trous alignés, des porosités que l’on met volontiers sur le compte d’une avance trop rapide. Le laitier colle au lieu de sauter au marteau. La baguette elle-même trahit la boîte : extrémité blanchie, enrobage qui s’effrite sous l’ongle, carton mou au fond du sac.

Le pire défaut, lui, ne se voit pas le jour même. L’eau contenue dans l’enrobage est décomposée par l’arc en hydrogène atomique. Cet hydrogène diffuse dans le métal en fusion, puis se recombine dans les zones les plus contraintes du cordon pendant qu’il refroidit. La fissure apparaît 24 à 48 heures plus tard, quand la pièce est peinte et l’atelier rangé. C’est la fissuration à froid, dite aussi différée, et elle ne se rattrape qu’en meulant tout le cordon pour le refaire.

Voilà pourquoi ce défaut coûte si cher : il est silencieux. Un support soudé le samedi, apprêté le dimanche, chargé la semaine suivante, et rien n’a prévenu. Le cordon était condamné avant d’être tiré, par une boîte ouverte six mois plus tôt et jamais refermée.

Où garder une boîte d’électrodes dans un garage ?

L’ennemi n’est pas la pluie, c’est l’air. Les recommandations de stockage des consommables de soudage lient la température du local à l’humidité relative admissible : jusqu’à 60 % entre 5 et 15 °C, 50 % entre 15 et 25 °C, 40 % au-delà de 25 °C. Un garage ordinaire un matin de novembre ne tient aucune de ces trois conditions. Les trois ans de conservation annoncés valent pour un magasin sec, pas pour un carton posé sur une dalle.

Le geste qui change tout est bête à écrire : rien au sol. Une dalle béton transpire, le carton boit par en dessous, l’enrobage suit. Les baguettes vivent en hauteur, dans un bac plastique à joint, avec un sachet dessicant, et l’on n’ouvre qu’une boîte à la fois. La date d’ouverture se note au marqueur sur le couvercle, exactement comme on étiquette des bacs de visserie triés par diamètre.

Pour les basiques, les délais sont d’un autre monde. L’exposition admise à l’air tourne autour de 4 heures en atelier et de 2 heures sur un chantier humide. Un sachet sous vide ouvert laisse de l’ordre de 12 heures d’usage dans une ambiance à 26,7 °C et 80 % d’humidité relative, après quoi les baguettes partent au réétuvage ou au rebut. C’est un rythme de professionnel équipé, pas de bricoleur du dimanche.

L’humidité qui gonfle un enrobage est la même que celle qui pique les clés dans le tiroir d’à côté. Tout ce qui vaut pour empêcher la rouille de s’installer sur les outils vaut aussi pour la boîte de baguettes, et un atelier qui reste sec règle les deux problèmes d’un coup.

Peut-on sécher des électrodes humides chez soi ?

Sur le papier, oui, et les chiffres existent. Les rutiles se réétuvent entre 70 et 120 °C pendant 30 minutes à 2 heures. Les basiques demandent 2 heures à 250 ou 300 °C en étuve ventilée, un tableau constructeur allant jusqu’à 250 à 375 °C pendant 2 à 6 heures, suivies d’un maintien à 100 ou 150 °C au poste, ou à 120 °C pendant dix heures au maximum. Trois réétuvages sur la vie d’une baguette, pas davantage.

Dans un garage, non. Un four de cuisine ne tient pas une consigne à 300 °C, n’est pas ventilé et sert par ailleurs à faire à manger. Un support de formation au soudage va plus loin : une basique qui a pris l’humidité ne se sèche plus. Le verdict tient en un mot. Benne. Ce qui part au rebut, c’est une poignée de baguettes ; ce qu’on garde, c’est un cordon qu’on n’aura pas à meuler.

L’humidité ne vient d’ailleurs pas que de la boîte. Une chute sortie d’un garage froid porte de la condensation, une tôle piquée en tient dans ses pores, et un reste de peinture dégage le sien à la chaleur de l’arc. On brosse à nu, on essuie, et la soufflette, qui figure parmi les outils pneumatiques qui servent encore, chasse la poussière de meulage mieux qu’un chiffon qui la promène.

Ce qu’il faut retenir

Diamètre au plus égal à l’épaisseur, un cran en dessous en position, réglage final trouvé sur une chute. Rutile pour un garage, basique pour qui possède l’étuve qui va avec. Et surtout, une baguette se traite comme une denrée : hors du sol, dans un bac fermé, une seule boîte ouverte, la date écrite dessus, et le rebut sans état d’âme au moindre enrobage écaillé. Un cordon poreux ou fissuré prend une matinée à reprendre. Une boîte jetée prend dix secondes. Le reste de l’atelier est rangé dans l’index des guides publiés.

Peut-on souder avec des électrodes qui ont passé l'hiver au garage ?

Des rutiles restées fermées dans un bac sec passent souvent sans problème, et un essai sur chute le dit tout de suite : arc calme et cordon net, ou sifflement et porosités. Des basiques dans un carton ouvert, non : elles se réétuvent en étuve ventilée ou elles se jettent.

Faut-il acheter des électrodes basiques quand on débute ?

Non. Elles demandent une tension à vide plus élevée, un amorçage plus ferme et une conservation en étuve que personne n'a chez soi. Le rutile amorce plus facilement et laisse un laitier qui se détache seul, ce qui permet d'apprendre le geste au lieu de se battre avec la baguette.

Un four de cuisine peut-il remplacer une étuve à électrodes ?

Il ne tient pas une consigne stable à ces températures, n'est pas ventilé et n'est pas fait pour cet usage. Pour des rutiles à peine humides, un séjour prolongé dans un endroit chaud et sec vaut mieux que rien, mais une basique qui a bu ne se rattrape pas ainsi.

Ce que nous avons lu

  1. Procédé MMA (111) électrode enrobée : principe, classes, paramètres (Travail Industrie, formation soudage)consulté le
  2. Recommandations de stockage, d'étuvage et de manipulation des consommables de soudage (Soudeurs.com)consulté le
  3. Soudage MMA : guide complet, réglages et électrodes (Steelsoudeur)consulté le
  4. Comment choisir l'électrode enrobée adaptée, guide complet (Le Comptoir du Soudeur)consulté le
  5. Avec quelle électrode enrobée souder et pourquoi : rutile, basique, cellulosique (Expert en soudage)consulté le

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