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Cric rouleur ou cric bouteille : lequel pour un garage de particulier

Le cric rouleur pour lever une voiture vite et droit sur une dalle, le cric bouteille pour une forte charge sous peu de place. Ce que chacun fait bien ou mal.

La rédactionPublié le

Photographie : un cric rouleur hydraulique posé au sol d'un garage
Photographie Max Chen · Pexels

Pour un garage de particulier qui entretient une voiture, le cric rouleur est le choix courant : il roule sous la caisse, lève droit et haut, et se manœuvre sans effort depuis le côté. Le cric bouteille prend le relais quand il faut une grosse charge sous peu de hauteur, sur un utilitaire, un 4x4, une remorque, ou pour un usage ponctuel qui tient dans un tiroir. Ni l’un ni l’autre ne tient une voiture pendant qu’on travaille dessous : ce rôle revient aux chandelles. Voici ce que chaque cric fait bien, ce qu’il fait mal, et comment trancher selon la voiture et le sol.

Comment fonctionne un cric rouleur ?

Un cric rouleur est un châssis bas sur quatre roues, avec un vérin hydraulique couché à l’horizontale qui pousse un bras articulé. Au bout du bras, une sellette ronde, souvent garnie de caoutchouc, vient toucher le point de levage. Une longue poignée sert à la fois de levier de pompe et de manche pour pousser l’ensemble sous la voiture ; en la tournant, on ouvre la valve de descente.

Ce qui fait sa qualité à l’usage :

  • Une embase longue et large. Le poids de la voiture est réparti sur les quatre roues du châssis, loin les unes des autres. C’est ce qui rend le levage stable, même quand la caisse bouge un peu.
  • Une sellette qui part bas. Le bras replié passe sous le bas de caisse d’une berline ordinaire, ce qu’un cric vertical ne fait pas.
  • Une montée en arc. Le bras pivote, donc la sellette avance en montant. Les roues du châssis suivent ce déplacement : c’est prévu, à condition qu’elles roulent librement.
  • Un effort réduit. La poignée est longue, le bras de levier grand, et on pompe debout ou à genoux, à côté de la voiture.

Ses défauts sont l’envers de ses qualités. Il est encombrant et lourd, surtout dans les modèles capables de lever haut. Il ne fait rien de bon sur un sol qui n’est pas dur et plat : sur du gravier ou une dalle fissurée, un galet se bloque et c’est la voiture qui glisse sur la sellette au lieu du cric qui avance. Les modèles très légers, à châssis en tôle mince, se tordent quand la charge n’est pas centrée, et un châssis tordu ne roule plus droit.

Comment fonctionne un cric bouteille ?

Un cric bouteille est un vérin vertical enfermé dans un corps compact, posé sur une petite embase. Le levier, amovible, pompe sur le côté ; une vis d’extension sur la tête du piston permet de rattraper quelques centimètres avant de commencer à pomper. Le nom vient de la silhouette : un cylindre trapu qui tient debout comme une bouteille.

Ce qu’il fait mieux qu’un rouleur :

  • Beaucoup de charge dans peu de volume. À corps égal, un cric bouteille porte bien plus qu’un rouleur, et les plus gros modèles sont donnés jusqu’à 50 tonnes. Pour un particulier, cela veut dire qu’un modèle de taille modeste suffit largement à un utilitaire ou un 4x4.
  • Un appui direct. Pas de galets, pas de bras : la charge descend en ligne droite dans l’embase. Sur un sol imparfait, on peut le poser sur une planche épaisse et large, ce qu’on ne fait pas avec un rouleur.
  • Un rangement facile. Il tient dans un tiroir haut d’une servante, sujet que nous traitons dans le guide sur le choix d’une servante d’atelier, ou dans le coffre d’un utilitaire.

Ses limites sont sérieuses pour une voiture de tourisme. Sa hauteur de départ est celle du corps entier : il ne passe pas sous une berline basse. Sa course est courte, puisque le piston ne sort qu’une fois. Son embase est petite : si la voiture bouge pendant la montée, le cric s’incline, et un cric bouteille incliné se couche. Enfin, il faut le placer à la main sous le point de levage, donc se pencher sous la caisse pour le positionner puis pour le reprendre, alors qu’un rouleur se pousse depuis l’extérieur.

Il existe des crics bouteille conçus pour travailler couchés ou inclinés, mais ce n’est pas la règle : sauf mention explicite du fabricant, un cric bouteille s’utilise vertical, sur une embase qui pose à plat.

Lequel passe sous une voiture basse ?

Le rouleur, presque toujours. La question à régler avant d’acheter est la garde au sol de la voiture à l’endroit du point de levage, mesurée avec la voiture chargée comme d’habitude, comparée à la hauteur de la sellette du cric en position repliée, lue dans la fiche du fabricant. Si la sellette est plus haute que le point de levage, le cric ne passe pas, et il ne sert à rien de forcer en dégonflant un pneu.

Les crics rouleurs dits « extra-plats » ont un bras et une sellette plus bas pour les voitures surbaissées ; ils lèvent en général moins haut. Une paire de rampes basses, sur lesquelles on monte les roues avant, gagne la hauteur qui manque à un cric ordinaire, à condition que les rampes soient antidérapantes et que la voiture y monte droit.

Un cric bouteille sous une voiture basse suppose de creuser une fosse, ce qui règle la question : ce n’est pas son terrain.

Lequel est le plus stable pendant la montée ?

Le rouleur, grâce à son embase et à ses roues qui accompagnent l’arc. Il faut comprendre ce qui se passe quand on lève un coin de voiture : la caisse pivote autour des roues restées au sol, donc le point de levage décrit un arc, pas une verticale. Un rouleur suit cet arc en roulant. Un cric bouteille ne roule pas : c’est sa tête qui se met en biais sur le point de levage, et plus on monte, plus l’angle grandit.

C’est pour cela que le bouteille convient aux levées courtes, sur les véhicules hauts où l’on n’a besoin que de quelques centimètres, et aux charges qui ne pivotent pas, comme une remorque calée ou un châssis posé. Pour une voiture de tourisme qu’on lève assez haut pour glisser une chandelle, le rouleur est le bon outil. Quel que soit le cric, la suite est la même : chandelle sous un point porteur, cric redescendu jusqu’à ce que la caisse porte, et personne dessous avant. Le guide sur la mise sur chandelles donne cette séquence pas à pas.

Quelle capacité choisir ?

La capacité marquée sur un cric est la charge maximale qu’il peut lever, et on ne la dépasse jamais. Les crics courants sont donnés pour des charges comme 1,5 tonne ou 3 tonnes. Le poids du véhicule est sur le certificat d’immatriculation, et un cric ne lève jamais la voiture entière : il lève un coin ou un essieu. Pourtant la marge compte, parce que la charge n’est jamais parfaitement centrée sur la sellette, que la mise en arc ajoute des efforts de travers, et qu’un cric qui travaille à sa limite est un cric qui s’use vite et fuit tôt.

Deux repères aident à trancher :

  • Le rouleur paie la capacité en poids et en encombrement. Un rouleur capable de lever un utilitaire chargé est un outil lourd qu’on ne sort pas volontiers pour une vidange. Pour une voiture de tourisme, un modèle de capacité moyenne, mais bien construit, sert mieux qu’un modèle surdimensionné.
  • Le bouteille offre la capacité pour presque rien. C’est lui qu’on choisit quand la charge est le critère principal : fourgon, camping-car, remorque, tracteur de jardin, et tout ce qui est haut sur roues.

On cherche sur le cric le marquage CE et la référence à la norme NF EN 1494+A1, qui couvre les crics mobiles ou déplaçables et les équipements de levage associés. Un cric sans marquage, sans plaque de charge lisible, ou dont l’origine est inconnue, ne va pas sous une voiture.

Quelle place et quel entretien demandent-ils ?

Le rouleur occupe une place au sol, contre un mur, poignée relevée ou démontée. On le range vérin rentré, sellette en bas, pour ne pas laisser le piston sorti et exposé. Le bouteille se range debout, jamais couché, pour que l’huile reste du bon côté du piston et que l’air ne rentre pas dans le circuit.

Trois gestes d’entretien, pour l’un comme pour l’autre :

  1. Contrôler les fuites. Une trace d’huile au pied du corps ou sous le rouleur, un cric qui redescend lentement sous charge : ce sont des joints fatigués. Un cric qui descend seul ne se surveille pas, il se répare ou il se remplace.
  2. Purger l’air. Un cric qui monte par à-coups ou qui « pompe dans le vide » a de l’air dans le circuit. Valve de descente ouverte, on pompe plusieurs fois à vide, puis on referme : la notice du fabricant décrit le geste précis pour chaque modèle.
  3. Nettoyer et graisser les articulations. Les axes du bras et les galets d’un rouleur prennent la limaille et la poussière ; un galet qui frotte est un galet qui se bloque au mauvais moment.

Il y a aussi ce qu’on ne fait pas : pas de rallonge sur la poignée pour lever plus lourd, pas de cric utilisé comme support pendant qu’on travaille, pas d’huile de moteur à la place de l’huile hydraulique prévue. Un cric qui dort dans un garage humide se pique comme le reste de l’outillage : les gestes qui empêchent la rouille sur les outils valent aussi pour lui.

Et le cric losange fourni avec la voiture ?

Le cric en losange, à vis, que le constructeur livre dans le coffre est conçu pour un seul geste : changer une roue au bord de la route, sur sol dur, roues calées, personne dessous. Il est léger, peu coûteux, et il fait ce travail. Il n’est pas un outil d’atelier : sa base est étroite, sa vis demande un effort important, sa stabilité dépend d’un pincement de tôle qu’il agrippe. On le laisse dans son logement, et on ne le sort pas pour une vidange. Beaucoup de voitures récentes n’en ont d’ailleurs plus, remplacé par un kit anticrevaison.

Ce qu’il faut retenir

Pour une voiture de tourisme entretenue dans un garage à dalle plate, le cric rouleur est le bon outil : il passe sous la caisse, il lève haut, il suit le mouvement de la voiture et il se manœuvre de l’extérieur. Le cric bouteille est celui de la charge et du peu de place : utilitaire, remorque, véhicule haut, levée courte, ou cric d’appoint rangé dans un tiroir. Dans les deux cas, le cric lève et la chandelle tient. Le guide sur la mise sur chandelles, dans la rubrique consacrée au levage, donne la suite : le calage, la pose et ce qu’on ne fait jamais sous une voiture levée.

Peut-on avoir les deux ?

C'est même courant. Un rouleur pour la voiture, un bouteille de bonne capacité qui reste dans un tiroir pour la remorque, le fourgon ou un dépannage sur un point de levage que le rouleur n'atteint pas. Le bouteille prend peu de place et ne coûte pas grand-chose en encombrement.

Un cric rouleur en aluminium vaut-il un modèle en acier ?

L'aluminium fait un cric plus léger à déplacer, ce qui compte si on le sort souvent. À capacité égale, le châssis doit rester rigide : on pousse sur le bras chargé pour voir s'il vrille. Un rouleur léger qui se tord n'est pas un gain.

Un cric rouleur a-t-il sa place dans le coffre pour dépanner ?

Non : il est lourd, il roule à chaque freinage et il prend la place des bagages. Pour changer une roue au bord de la route, le cric de bord fait le travail ; pour un véhicule haut qu'on dépanne souvent, un cric bouteille calé dans un bac se transporte sans peine.

Ce que nous avons lu

  1. Jack (device), article Wikipédia en anglaisconsulté le
  2. Cric, article Wikipédia en françaisconsulté le
  3. AFNOR Norm'Info : NF EN 1494+A1, crics mobiles ou déplaçables et équipements de levage associésconsulté le

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